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La patience et la rage

La patience et la rage

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Meurtre d'un gourou franco-suisse

Meurtre d'un gourou franco-suisse

« - Alors tu me désapprouves ? me demanda Alain tout fragilement. »

Nabe, Les Porcs, page 330. 

Meurtre d'un gourou franco-suisse

« Le dernier Nabe, c'est que des ragots dignes de Closer. Nabe est un mondain qui a cotôyé Soral dans les années 2000, qui déballe ses secrets un peu honteux et qui en profite pour se donner le beau rôle, comme toujours chez cet écrivain narcissique qui, certes, a du talent (même ses détracteurs le reconnaissent), mais toujours au service de son nombril. Alors bon ok, j'avoue, j'ai un peu ri à certains passages, il a du talent dans a caricature on peut le lui accorder, mais franchement, mille pages pour ça (+ encore mille pages annoncées !), c'est quand même abusé. Ok, Soral est un peu magouilleur et Dieudo pas très courageux (ou l'inverse), et après, ça fait quoi ? En gros, Nabe déballe tous sur ses anciens potes, il les lâche parce qu'il s'est disputé avec eux, et c'est que ça tout le temps ».

Voici à peu près résumé selon moi ce qu'on peut dire de pire sur les Porcs de Nabe, que j'ai lu ici et là, et compacté ici en un paragraphe dense en incompréhensions. C'est sans doute l'aspect le plus superficiel d'une oeuvre qui est voué à retenir d'abord l'attention, et la plupart en resteront là. C'est vrai, le livre fourmille de scoops, dont le numéro 5 de la gazette Nabe's News vient de nous donner le résumé (voir le point #10) - pour ceux qui douteraient que Nabe a vraiment des infos en exclusivité, parce qu'ils seraient également trop paresseux pour tout lire, et déjà trop radins pour acheter. 

Mais pour ma part, le côté Closer, je le prendrais très sérieusement, au pied de la lettre et jusqu'au bout : comme le fait de s'approcher plus près, le plus près possible de ces personnages, comme Cassavetes dans Meurtre d'un bookmaker chinois, avec ses inserts sur les costumes, les mains et les dents des mafieux, qui révèlent leurs mensonges et leur férocité, ou les plans des filles du cabaret ringard du héros. Cassavetes colle tellement près à la peau du patron, Vitelli, que l'on ressent tout de lui, son plaisir, ses peurs, sa résignation, son désespoir...

Le film est noir parce qu'il montre la noirceur des personnages sous le vernis clinquant de leurs costumes. Nabe fait la même chose tout au long de ce tome 1 des Porcs : faire dégorger la laideur des gens, détruire les mensonges sociaux et montrer pourquoi lui, Nabe est leur opposé. D'ailleurs, j'aurais pu mettre en illustration de cet article la photo de Soral, Nabe et Moix, c'était tout indiqué, tant elle révèle déjà les trois hommes. Autant Nabe est rayonnant avec sa très grande écharpe blanche, autant les deux autres font faux : Soral joue la comédie ("quoi, on me photographie ?") et Moix a une pose crispée de type qui veut faire élégant (voir la description de Nabe dans les Porcs, page 222).  

Meurtre d'un gourou franco-suisse

Donc j'ai préféré Cassavetes. Ce qui est assez cohérent : les personnages des Porcs sont pour la plupart au niveau des comédiens de troisième zone du cabaret. Les Porcs, ce sont des gros, très gros plans à la Cassavetes sur toute une galerie de personnages qui auraient pu (et auraient dû ?) resté totalement insignifiants, et que Nabe, à la fois belluaire et porcher de notre siècle, a fait rentrer dans son livre, bien tassés pour que tout tienne en mille pages ultra-denses qui sont l'arène de la dernière décennie. Le titre du livre de Bloy convient à mon avis très bien : le porcher, c'est évident ; et le belluaire, parce que c'était le gladiateur qui combattait les animaux féroces. Or, les Moix, Blanrue, Laïbi, Soral etc. et tant d'autres sont des cochons méchants : bas du front, lourds, gras, tellement vautrés dans leur bêtise et leur méchanceté qui les empêche de comprendre quoi que ce soit au monde, et détruit leur capacité de ressentir du plaisir et de la joie, donc aussi d'avoir la moindre bienveillance envers autrui. Leur complotisme est un poison qui les détruit intérieurement et doit leur donner le sentiment de vivre dans un monde sournois, hostile, foncièrement mauvais dont il faut s'échapper en préservant sa "pureté". Mais cette obsession finit par faire d'eux l'image de ce qu'ils combattent : des gens manipulateurs, odieux, sans scrupules. On sent tout du long Nabe s'efforcer de leur faire entendre raison, et s'apercevoir qu'il n'y parviendra pas.   

C'est pourquoi il est beaucoup trop restrictif de ne voir dans ce livre qu'un grand article plein d'infos et de scoops. Certes, Nabe relate les faits avec exactitude, non à des fins journalistiques (tout à fait honorables, du reste, quand le boulot est bien fait) mais à des fins littéraires, c'est-à-dire dans le but de faire la vérité sur des personnages célèbres ou inconnus, afin -et c'est là l'essentiel- de raconter les origines de ce nouvel obscurantisme qu'est le conspirationnisme.

*

Mais je pense qu'il faut aller plus loin et dire que le contenu des Porcs ne se réduit pas au conspirationnisme, car il n'y a pas que les conspis qui sont des porcs. Ceux-ci sont plus largement ceux qui se sont abaissés à ce qu'il y avait de pire en eux. Le livre dépasse donc largement ce qui est annoncé dans l'Avertissement. Le porc, c'est l'orgueil et la paresse en nous. En fait, sont des porcs les individus incapables de voir la vérité sur le monde et sur eux. Ils vivent dans le mensonge, calomnient, ne pardonnent jamais rien et refusent toute remise en question. Dans un monde idéal, les personnes que Nabe a tuées littérairement se purgeraient de toute cette monstruosité que l'écrivain a fait ressortir, et ils en sortiraient meilleurs humainement. Mais pour beaucoup, c'est sans doute un remède pire que leur mal. Ils ne peuvent pas recevoir ce que Nabe a de meilleur à leur offrir. 

*

A mon avis, Nabe a d'abord écrit un grand livre sur l'amitié brisée ou impossible. Les plus beaux moments des Porcs sont d'ailleurs ceux où Nabe décrit ces tranquilles soirées aux restaurants, à discuter paisiblement, avec un sentiment d'insouciance qui - de façon très romanesque - rendent plus bien dramatique la suite :

« La nuit tomba, et même tomba sur un os : l'amitié. »

Page 987

A mon avis, Nabe a d'abord écrit un grand livre sur l'amitié brisée ou impossible. Les plus beaux moments des Porcs sont d'ailleurs ceux où Nabe décrit ces tranquilles soirées aux restaurants, à discuter paisiblement, avec un sentiment d'insouciance qui - de façon très romanesque - rendent plus bien dramatique la suite :

« Soral était en pleine forme. Il nous régalait de ses délires. On m'avait déjà parlé de l'amitié, ce fameux sentiment qui m'était totalement étranger... Je me demandais si je n'étais pas en train, à quarante-sept ans, de le toucher enfin du doigt... Mais je devrais m'apercevoir que non, toujours pas. Et aujourd'hui, dix ans plus tard, je crois que je m'en suis encore plus éloigné... »

Page 308

Les scènes de restaurants sont cruciales dans le récit, car elles sont à la fois des moments de respiration entre deux séquences plus « tendues » : on y voit le narrateur pendant quelques heures rieur, serein, oubliant ses soucis ; mais ce sont aussi des scènes où l'on voit le pire en germe car on y découvre Soral sincèrement convaincu de ses « théories » : 

« Par exemple, pour lui [Soral], Lady Di, Robert Boulin, Pierre Bérégovoy avaient tous été assassinés... Ne riez pas. Et les attentats du 11-Septembre étaient l'oeuvre des Américains ! On ne bouge pas pendant le Guignol. Ce n'était donc pas un accident sa sortie sur Lara Croft et Ben Laden chez Ardisson ! Merde, Soral avait mordu à l'hameçon Meyssan...

La petite Nassima était effrayée. Salim rassurait sa fleur : lui ne tomberait jamais dans ce panneau ! Il alla même jusqu'à s'énerver contre Alain, contestant ses théories fumeuses...
A l'époque, Salim Laïbi avait encore assez de raison dans sa cervelle pour se moquer des thèses que nous pensions avant tout comiques sur les attentats de Manhattan. »

Page 310

Ça aurait pu, mais ça n'a pas ; comme si la fatalité s'en mêlait. Rétrospectivement, on mesure à quel point les choses auraient pu tourner autrement, quand on voit l'amitié (ou la quasi-amitié) qui a pu lier Nabe et Soral ; et on se frotte les yeux à lire des discussions qui avec le recul semblent totalement irréelles : 

« Un qui comprit aussitôt le potentiel glorieux de mes tracts, ce fut Soral [...] C'est peut-être ce jour-là qu'on eut la plus tendre de nos conversations. Trois quarts d'heure de confidences et d'analyses douces, fraternelles, où nous comparâmes nos destins et moyens d'expression. Alain n'exprima aucun mépris pour la manière dont je menais ma barque, au contraire, il disait comprendre tout à fait mon individualisme [...] C'est ce jour-là que tout doucement, avec une petite voix d'enfant hésitant, il m'annonça qu'il allait sans doute entrer officiellement au Front national et qu'il avait une chance d'y tenir un rôle. Il voulait absolument savoir si je l'approuvais. C'était important pour lui de s'assurer que je ne lui tournerais pas le dos au moment de son engagement, sans doute l'un des plus décisifs de sa carrière [...] Toujours tendrement, je lui expliquai qu'il avait besoin d'être entouré, de faire partie d'une famille, d'être intégré quelque part enfin, à bientôt cinquante ans. »

Pages 329-330

Nabe et Soral en pleine bromance à la Macron/Trudeau !


Nietzsche (Gai savoir, §279) compare l'amitié qui se termine à la course de deux navires qui se séparent au milieu de l'océan, chacun continuant sa route de son côté. C'est sans doute la plus belle fin que puisse connaître une amitié, mais celle de Soral et Nabe ressemble plutôt à la rencontre entre un cargo sous pavillon de complaisance (syrien ou iranien !) qui a fini par sombrer corps et bien dans la mer des Sargasses du complotisme, tandis que la coquille de noix nabienne a continué sa route, coûte que coûte, avec à bord son naufragé de la littérature dans l'océan glauque des années 2000 ! Il est certain que Nabe ne ferait jamais passer les copains d'abord ! Ses fluctuat nec mergitur, c'est sa littérature ! Battu par les flots, il ne sombre jamais. On le croit touché, coulé, perdu corps et biens et il réapparaît toujours ailleurs, pendant que les autres s'enfoncent dans leur boue si chaude et si grasse où ils finiront par s'enfoncer jusqu'au-dessus de la tête. 

*

Cela ne signifie pas non plus que Nabe rejette dans l'absolu toute amitié. Par exemple, Le vingt-septième livre racontait une amitié de voisinage avec Houellebecq, que Nabe saluait d'un geste amical quand le futur écrivain à succès partait le matin avec sa besace d'informaticien. Et s'il y a un personnage récurrent d'ami, qui apparaît toujours pour balancer une phrase bien sentie, et pour soutenir Nabe dans ses épreuves, c'est Patrick Besson. Présent depuis le début des années 80, quand il avait fait une chronique enthousiaste pour Chacun mes goûts (1986), il est omniprésent dans le Journal ; il est dans Alain Zannini pour parler prostitution, il est évoqué dans Le vingt-septième livre, il est dans L'Homme qui arrêta d'écrire, toujours fidèle au poste ; il est encore là dans Patience 2 et il apparaît bien sûr dans les Porcs. Dans une interview, Nabe a même invoqué l'amitié dans les raisons pour lesquelles il a brûlé son Journal ! C'est dire ! 

Le fait est que Nabe n'a jamais tenu l'amitié pour acquise : il n'a jamais hésité à rompre avec ses amis quand il l'estimait nécessaire, mais surtout il n'a jamais considéré que l'amitié passait avant tout, bien au contraire. C'est une constante dans ses livres : il ne veut pas que l'amitié devienne une habitude, qu'elle tombe dans la complaisance et qu'elle oblige à mentir. A sa galerie, Nabe critiquait un jour l'amitié au sens ordinaire, en disant qu'un ami, c'est juste quelqu'un avec qui on partage des goûts et des souvenirs. C'est le vieux copain de régiment ou le type avec qui on est d'accord sur tout. Nabe ne veut pas de ce genre de relation molle, fainéante, acquise comme une rente. Il a certainement connu trop de faux amis, d'amis encombrants, trop collants et malsains dans leur attachement (les « amisexuels » d'Alain Zannini) pour ne pas se méfier d'eux, et préférer un ennemi franc qui ne peut, et pour cause, vous trahir. Or, parfois, en n'osant pas briser l'amitié alors qu'il le faudrait, l'ami devient un pire ennemi que les ennemis déclarés. L'ami qui voudrait que vous placiez votre amitié au-dessus de tout le reste trahit par là-même la relation ; en la réclamant à n'importe quel prix, il la brade. Avec les Porcs, Nabe a fait un livre comme lui seul le peut sur l'amitié entrevue, puis rêvée, gâchée enfin.

« - L'amitié, ajouta Soral, un sentiment que tu ignores. D'ailleurs, tout le monde le sait. Tu es connu pour ne marcher que pour toi seul, pour n'aider personne. 

Et alors ? Si c'est un crime, à qui profite-t-il ? Ça faisait bien longtemps que je m'étais aperçu que ma "non-amitié" était toujours aux bons rendez-vous. Ç'aurait été à moi de lui faire la leçon. Je rappelai à Soral que lorsqu'il avait été agressé dans sa librairie par sa ligue de Juifs, on n'avait pas été trois à l'appeler, dont moi. Et c'était ça, la véritable amitié. Pas le copinage. Pas le piston. Être présent dans le moment le plus douloureux ou le plus joyeux de celui dont on estime, à cet instant précis du Temps, être l'"ami". Presque gêné, Alain en convint. »

Les Porcs, page 988

Le chapitre suivant, le CCCXIII (page 989) est par contraste intitulé « L'amitié, oui mais révolutionnaire » : la formule « amitiés révolutionnaires » est employée par Carlos à la fin de chacun des messages qu'il envoie à l'auteur. Nabe, révolutionnaire en tout, l'est aussi en amitié. L'amitié n'est véritable selon Nabe que si elle se passe de toute complaisance et de tout intérêt « social », c'est-à-dire de toute dimension de besoin, de dépendance. Elle est révolutionnaire quand elle est une rencontre entre deux individus, qui sont déjà des individus avant d'être des amis, qui n'ont pas besoin de l'autre pour exister, et qui travaillent à se révolutionner et à révolutionner l'ordre social. Il n'y a pour lui de vraie amitié que si cette amitié est au service de la vérité, contre le pouvoir, la soumission, le conformisme.

*

Nabe raconte dans son interview pour Médias (n°22, novembre 2009) comment il a lui-même, plus ou moins volontairement, engagé la rupture avec Soral. Il déclare à Robert Ménard : « Il [Soral] n'est pas si sérieux que ça. C'est un très bon comédien doublé d'un punk. Je le soutiens parce qu'il est mal-pensant, même s'il s'attaque au Système avec des moyens qui ne sont pas les miens. Alain est un être très tendre, très sentimental ; il n'est pas, comme moi, une brute de littérature. Il aime prêcher dans les cafés, dans les meetings ». Et il commente ainsi dans les Porcs 

« Et je terminais par une phrase qui pour moi était une grande preuve de réelle amitié politique, mais qui ne pourrait que froisser ce grand susceptible qui s'en foutait pas mal d'Israël et de la Palestine : 

- Toute personne qui se révolte contre Israël est mon ami.

Soral, qui était l'anti-ami - le Monsieur Déloyal par excellence - (tout en ne jurant bien sûr que par l'amitié et la loyauté), ne pouvait que mal le prendre. Il aurait préféré, en bon pédé sentimenteux qu'il était, que je dise, la main sur le coeur : "Nos idées sur Israël n'ont aucune importance à côté de l'amitié profonde que je ressens pour l'homme Alain, cette amitié, je la placerai toujours au-dessus de tout le reste !..." Mais ça, c'était impossible... »

Pages 834-835

Nabe a donc l'honnêteté de reconnaître sa responsabilité dans cette rupture :

« Je sentis donc que cette interview à Médias ne pourrait que lui déplaire. Peut-être qu'inconsciemment, il y avait là une manière de geste de rupture de ma part. Je cherchais la merde, c'était évident... L'avenir confirmerait cette impression. L'air de rien, j'avais peut-être tiré le premier... »

Page 835

S'entendre dire par son ami Nabe qu'il se trompe sur le complotisme, ou qu'il est con, ou qu'il est trop agressif, ou trop borné, je suppose que Soral l'aurait encore supporté, car être obtus est malgré tout compatible avec l'idée guerrière qu'il se fait de la virilité ; mais en disant que Soral est un bon comédien, un être tendre et sensible, Nabe touchait précisément le point sensible, le défaut de la cuirasse. Il dénonçait en deux phrases toute la fausseté du personnage, qui joue au contraire au chevalier Bayard sans peur et sans reproche alors qu'il est seul et qu'il a peur. Encore une fois, on accuse généralement Soral de beaucoup de choses où il peut trouver une forme de valorisation (être brutal, antisémite, manipulateur, menteur...). Mais le juger sensible, c'est passer pour une chochotte, pour un petit timide qui n'arrive pas à se faire des copains dans la cour de récré. Et c'est une blessure narcissique était certainement insupportable. Elle explique sans doute la colère folle du « Maître du Logos », qui s'est trouvé face à quelqu'un qui non seulement ne le craignait pas mais qui a senti tout de suite la faiblesse qu'il voulait le plus dissimuler : il a beaucoup de sensiblerie et peu de sensibilité. 

C'est ce jour-là que Nabe a tué Soral. Le reste ne sera sans doute qu'une agonie. Paradoxe : c'est après que Nabe a révélé la vérité sur Soral que celui-ci a vécu sa période de gloire grâce à la réussite de sa fabrique de mensonge. Un soir que je discutais avec « Olaf » au Petit Journal, il avait employé une expression qui m'avait frappé : « Tu sais, Soral, il est mort à l'intérieur ». C'était à une époque où j'étais encore ignorant de toute l'étendue de l'escroquerie E&R et de la malhonnêteté de son gourou. Mais c'était bien vrai ce que me disait « Olaf » : il n'y avait rien à attendre de Soral que des mensonges. L'intellectuel-dissident, provocateur punk, aventurier insoumis, était déjà détruit et il ne restait plus qu'un gourou sans âme. Et cela signifie qu'au moment où il devenait célèbre, Soral était déjà mort.